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Dialogue sur l'université

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Franco Piperno e Ivan Maffezzini



Vendredi après-midi, au secrétariat du département de sociologie de l’Université de Montréal. Les professeurs Simplicius, Sagreda et Salviatus, discutent de la fonction de l’université dans la société. Manon  L., la secrétaire, enregistra la conversation — Comme ça. Je n’avais rien d’autre à faire — et elle me l’a passée — je sais que ce sont des choses que tu aimes. Je ne suis pas sûr que je les aime vraiment, mais j’ai trouvé qu’elles avaient un certain intérêt.

* * *

Premier mouvement : au secrétariat
Simplicius: L’université est dans les mains de fonctionnaires qui ne pensent qu’en termes de productivité et d’organisation. Ce n’est plus l’université. Le ministre Legault l’a très bien dit au début de son torchon : « L’université est une institution en évolution ». Mais elle est tellement en évolution qu’elle muera en une succursale de Microsoft ou de Monsanto.
Sagreda : Tu donnes trop d’importance à la politique gouvernementale.
Simplicius: Sans doute. Ce qui est certain, c’est que la classe politique ne fait aucun effort pour ralentir la transformation et qu’elle laisse que les enjeux économiques immédiats, pilotés par les entreprises privées, fixent ce qui est rationnel…
Salviata : Depuis quand l’économie ne dicte-t-elle pas sa loi ? Veux-tu me faire accroire que tu penses que l’université allemande du XIXe n’était pas pilotée par la nécessité économique ?
Simplicius: Pas dans le même sens. Il y avait des espaces de liberté pour la pensée mais ces espaces ont disparu ou sont en train de disparaître. Il y avait une certaine hypocrisie — une grande, même — mais elle permettait de contourner les lois « objectives » du marché. Il y a maintenant un mouvement inexorable d’éloignement de toute possibilité de travail de pensée non asservi à la logique de l’efficacité ou des performances. Il suffit de considérer nos étudiants de doctorat, ils n’ont pas honte de dire qu’ils choisissent leur directeur en fonction de l’argent. Qu’ils fassent leur doctorat avec X car il peut les payer, ça va encore, mais qu’ils n’aient pas honte… Ça veut dire que l’université s’est déjà transformée en une entreprise financée pour réaliser du travail rentable. Le travail rentable devrait être laissé aux compagnies privées, elles le feraient encore plus efficacement. La pensée et la productivité ont un rapport au temps différent et elles sont toujours antinomiques.
Sagreda : Dans l’histoire des universités on a de nombreux exemples où la pensée et la productivité n’étaient pas antinomiques. Galilée n’a pas seulement énoncé la loi d’inertie qui a été productive à long terme mais il a aussi « inventé » le télescope qui l’a été à court terme.
Simplicius: Oui, mais personne ne le poussait dans le cul pour être productif. C’était lui qui imposait son rythme. Avez-vous lu le document de l’OCDE sur l’enseignement tertiaire ? Non ? Lisez-le. C’est un très beau document qui fait une projection de ce que l’université devrait être — c’est-à-dire de ce qu’elle ne devrait pas être, à mon avis. Un instant… Je l’ai dans mon sac…. Le voilà… Écoutez ce qu’ils disent dans l’avant-propos « Comment l’enseignement tertiaire… » L’université s’est transformée en enseignement tertiaire ! Ce néologisme en dit beaucoup plus que des tonnes de documents gouvernementaux et si cette épithète passe dans le langage courant — et elle passera, j’en suis sûr — ça veut dire que la transformation est déjà faite…
Salviata : Tu as une peur bleue des transformations. Il fut un temps où on voulait transformer…
Simplicius: Oui, mais dans la bonne direction. Je n’ai pas peur des transformations. J’ai peur des changements irréversibles déclenchés par les intérêts immédiats des entreprises et des changements pour le changement. Mais, laisse-moi terminer donc je lisais que : « Comment l’enseignement tertiaire peut-il mieux répondre aux intérêts et aux choix de ses « clients », et avant tout de ses étudiants. ? » Sacrement ! Clients ! On n’est pas un centre d’achat !
Salviata : Moi, je n’ai rien contre les centres d’achat. Je préfère un centre d’achat  avec de bonnes choses et un grand choix à une petite…
Simplicius: Non. L’université doit être un lieu de stabilité où les fluctuations sociales sont filtrées, pensées… où elles reçoivent un sens. Dans un centre d’achat il n’y a ni sens ni rapports humains. Il n’y a que des consommateurs, des clients et des vendeurs. Tout est en fonction de la vente. On regarde les marchandises, on choisit. Le choix ! Tous les choix sont individuels sans aucune norme qui les guide. Sans éthique. L’éthique s’est transformée en un bric-à-brac professionnel…
Salviata : Les universités au moyen-âge étaient fondées par des étudiants-clients qui, lorsqu’ils n’étaient pas contents de l’enseignement, fondaient une autre université... Personnellement je n’ai rien contre la diversité des choix. Ni contre les clients. Ni contre les supermarchés. Dans le supermarché il n’y a pas de rapports humains si le client est incapable d’en avoir. Tu es complètement aveuglé par la peur des nouveautés. Pour retourner à ton exemple de Galilée, il a bien été condamné par l’église ! As-tu lu l’introduction de ses dialogues ? C’est un chef d’œuvre d’hypocrisie. Je me sens bien plus libre que Galilée, Hegel ou Heidegger dans mon enseignement. Ça fait vingt ans que j’enseigne comme je veux et de la manière que je veux. Personne ne m’a jamais rien dit, je n’ai jamais rien  changé. Et ce n’est pas une nouvelle politique gouvernementale qui me fera changer quoi que ce soit.
Sagreda : Si le gouvernement diminue les subventions et s’il demande aux profs de rendre compte de leur productivité, il y aura un changement et tu devras t’adapter.
Salviata : Peut-être, mais cela n’implique pas que le changement sera nécessairement négatif. Négatif du point de vue de l’enseignement, je veux dire, au moins dans des disciplines comme la nôtre. Pour penser, on n’a pas besoin de subventions.
Simplicius: Certes, pour penser on n’a pas besoin de subventions, mais le problème se situe à un autre niveau : l’université s’enlise dans la gestion. Elle est en train de devenir une structure qui phagocyte toutes les forces. On est en train de devenir des fonctionnaires au service de l’organisation universitaire et des techniciens au service des nouvelles technologies. Des nouvelles et des anciennes. Et là il n’y a plus d’espace pour un vrai enseignement. Pour un enseignement qui ne se dévitalise pas dans les analyses des résultats statistiques d’autres analyses…
Salviata : Je ne suis pas d’accord. Je pense même qu’il y aura toujours plus d’espace pour les gens qui veulent enseigner. L’âge d’or des universités est une simple projection des gens incapables de saisir les transformations…
Sagreda : De plus, les statistiques et les analyses sont les éléments nécessaires de tout travail scientifique et de toute… pensée.
Simplicius: Seulement s’il y a une norme. Une transcendance. S’il est possible d’opérer des synthèses qui donnent un sens…
Salviata : Quand, au XIIe siècle, on fonda les premières studia generalia ce fut pour s’adapter aux nouvelles conditions… les monastères n’étaient plus suffisants…
Simplicius: Je les saisis même trop bien, les transformations. Recherche de partenariat avec les industries, travail sur des thématiques proposées par les acteurs sociaux…
Salviata : Quand tu parles comme ça, tu es un homme du XIXe siècle qui observe…
Simplicius: Oui. Oui, je suis nostalgique d’une université qui ne sacrifiait pas les exigences intellectuelles sur l’autel de la technique. Une université comme… comme… comme l’université de Berlin fondée par Humboldt.
Salviata : Les conditions socio-économiques n’ont plus rien en commun. N’oublie pas que trois ans après la fondation de l’université de Berlin aura lieu celle qu’on appellera la bataille de nations contre l’empire napoléonien et que maintenant les nations se tirent les cheveux sous le regard à peine courroucé de l’empereur…
Sagreda : De l’empireur… Vous l’avez voulue... Vous n’en avez pas marre de dire toujours les mêmes choses ?
Simplicius: Non. Il faut que les gens continuent à dire les mêmes choses si les organisations étatiques et industrielles continuent à faire les mêmes choses.
Salviata : Moi j’aimerais dire autre chose mais… je n’en suis pas capable. J’ai peur d’avoir attrapé la sclérose des intellectuels à temps plein qui pensent comme ils respirent… sans y penser… et sans penser… Si on retournait à l’université ? Selon moi, dans l’enseignement, on continue à avoir des espaces de manœuvre immenses. On peut faire ce qu’on veut, si on n’est pas trop paresseux et borné…
Sagreda : Même si je ne suis pas d’accord avec ta vision si volontariste de l’université je suis complètement d’accord qu’il n’y a jamais eu d’âge d’or…
Simplicius : Vous parlez sans savoir ce que vous dites ! Il y eut une époque à laquelle les étudiants n’étaient pas une « clientèle » avec ses « besoins »…
Salviata : Tu as raison l’université de Hitler, de Bismarck, de Mussolini ou de Lénine….
Simplicius : Ça n’a rien à voir. Ou, si tu veux, le nazisme et le fascisme ne sont que des moments du mouvement de la modernité qui nous a conduits dans la boue actuelle…
Salviata : Quelle boue ?
Sagreda : Oui, quelle boue ?
Simplicius : La boue dans laquelle vous pataugez avec vos grosses bottes qui éclaboussent tout ce qui vous entoure.
Sagreda : T’exagères ! Allons prendre une bière. Elle nous fera du bien.
Salviata : Je viens seulement si vous me promettez qu’on se tait au moins jusqu’à la brasserie.

ILS ESSAYENT INUTILEMENT DE CONVAINCRE MANON DE PARTIR AVEC EUX. « JE NE PEUX PAS, JE NE SUIS PAS PROF ET JE NE PEUX PAS M’EN ALLER QUAND JE VEUX. JE VAIS VOUS REJOINDRE À CINQ HEURES ET DEMI. »

DEUXIÈME MOUVEMENT : AU RESTAURANT

QUAND MANON REJOIGNIT LES PROFS, ILS ETAIENT DEJA A LEUR DEUXIEME BOCK, APRES LES TROIS BECS RITUELS, MANON S'ASSIT A COTE DE SALVIATA, FOUILLA DANS SON SAC POUR METTRE EN MARCHE L'ENREGISTREUSE ET ANNONÇA QU'AU DEPARTEMENT ON AVAIT REÇU LE DERNIER TEXTE DU MINISTRE LEGAULT OU, ENTRES AUTRES, ON DISAIT QU'UNE PARTIE DU FINANCEMENT AUX UNIVERSITES ETAIT CONDITIONNEE PAR L'ATTEINTE DE L'OBJECTIF D'UN TAUX DE REUSSITE DE 80 % AU BAC.

SIMPLICIUS : T'VOIS ! C'EST CRIMINEL ! L'ANTI ELITISME S'EST TRANSFORME EN PURE DEMAGOGIE. PIRE ENCORE, EN PRODUCTIVISME QUI BAIGNE DANS L'OCHLOCRATIE. ON EST FOUTUS !
MANON : (À L'OREILLE DE SALVIATA, TANDIS QUE SIMPLICIUS SEMBLAIT CHERCHER A SAVOIR SI LE SOUTIEN-GORGE DE SAGREDA ETAIT AGRAFE SUR LE DEVANT): OCKLO, QUOI ?
SALVIATA : (A L'OREILLE DE MANON): JE NE SAIS PAS, MAIS NE LUI DEMANDE PAS. AUTREMENT IL PASSERA DEUX HEURES A NOUS EXPLIQUER L'OKLO MACHIN.
SAGREDA : UNE AUTRE TOURNEE DE ROUSSE, ÇA VA ? UNE ROUSSE TOI AUSSI, MANON ?
MANON : OUI. COMME VOUS.
SALVIATA : (A L'OREILLE DE MANON): I1 A DE LA CHANCE, NON SEULEMENT TU LUI OFFRES UN TROISIEME DECOLLETE A LORGNER MAIS TU LUI APPORTES UNE AUTRE HISTOIRE QUI LE LANCERA DANS UNE NOUVELLE TIRADE...
SAGREDA : (EN S'ADRESSANT A SALVIATA ET A MANON) : QU'EST-CE QUE VOUS FABRIQUEZ ?
SALVIATA : RIEN. JE LUI DISAIS SIMPLEMENT QU'IL EST IMPOSSIBLE DE DISCUTER AVEC VOUS DEUX...
SAGREDA : C'EST TOI QUI FAIS ENTRER DES RENARDS DANS LE POULAILLER ET PUIS TU T'ETONNES SI LES POULES
SALVIATA : JE N'AURAIS JAMAIS PENSE VOUS TRAITER DE POULES MEME SI LE COQ.
SIMPLICIUS : ON NE PEUT PAS DISCUTER QUAND TU T'AMUSES A PROVOQUER. JE NE PENSE PAS QUE TU CROIS A CE QUE TU DIS. T'ES QUAND MEME PAS UNE CRETINE...
SALVIATA : ET POURTANT J'Y CROIS. JE DOIS ETRE UNE CRETINE. CE QUI EST SUR, C'EST QUE JE NE LACHE PAS FACILEMENT LE MORCEAU. POUR REPRENDRE LA DISCUSSION SUR L'UNIVERSITE SOUS UN AUTRE ANGLE, TOI, SIMPLICINS, T'ES UN PARFAIT EXEMPLE DE COMMENT UN BON PROFESSEUR PEUT CREER DES DEGATS IRREPARABLES PARMI SES ETUDIANTS. BIEN PIRE QUE LES MAUVAIS PROFS.
SAGREDA : ARRETE !

MEME SI L’« ARRETE » DE SAGREDA ETAIT ADRESSE A SALVIATA, SIMPLICINS ARRETA DE FOUILLER LES CHEMISIERS. IL SORTIT SON PAQUET DE GAULOISES, BAISSA LA TETE COMME QUAND IL CHERCHAIT UN POINT D 'APPUI SOLIDE POUR REPARTIR DANS UNE DE SES TIRADES QUI DECIMAIT SES INTERLOCUTEURS. MAIS, CETTE FOIS, SALVIATA NE LUI LAISSA PAS LE TEMPS DE S'APPUYER SUR LES BLOCS DE DEPART. ELLE PARTIT A L'ATTAQUE AVEC TOUTE LA FORCE DE SES CONVICTIONS ET SANS MENAGER AUCUNE CONVENTION (IL FAUT AJOUTER QU'AVEC SIMPLICIAS ELLE AVAIT UN VIEUX CONTENTIEUX D'ORDRE MOINS INTELLECTUEL QUE LA FONCTION DE I'UNIVERSITE : JEUNE ETUDIANTE ELLE AVAIT ETE SA MAITRESSE PENDANT QUELQUES MOIS LORSQUE LA MAITRESSE OFFIICIELLE ETAIT RENTREE EN FRANCE POUR ASSISTER SON PERE... MAIS CELA EST SANS IMPORTANCE POUR NOTRE SUITE. DISONS, D'UNE IMPORTANCE RELATIVE COMME TOUTES LES HISTOIRES DE CUL ET D'AMOUR PARMI LES UNIVERSITAIRES.)

SALVIATA : J'AI MANGE HIER SOIR AVEC UN GROUPE D'ETUDIANTS PARMI LESQUELS IL Y AVAIT QUATRE DE TES ETUDIANTS. ELLE S'ARRETA UN INSTANT POUR ATTENDRE UN « QUI ? », QUI N 'ARRIVA PAS : NI SIMPLICIUS QUI ETAIT COMPLETEMENT CONCENTRE SUR SA CIGARETTE, NI SAGREDA QUI GRIFFONNAIT SUR SON AGENDA, NI MANON AUX PRISES AVEC SON BOCK NE FIRENT LE MOINDRE SIGNE. ILS ETAIENT CERTAINEMENT LES PLUS PREPARES AU POINT DE VUE ACADEMIQUE MAIS AUSSI LES PLUS... C'EST DIFFICILE A DIRE... C'EST COMME SI TOUT CE QU'ILS DISAIENT SE TENAIT MAIS QU'ILS NE SAVAIENT PAS DE QUOI ILS PARLAIENT.
Sagreda : Souvent les étudiants devant un prof...
SALVIATA : NON CE N'ETAIT PAS L'EFFET « JE TE MONTRE QUE JE CITE L'AUTEUR QUI CITE L'AUTEUR CITE PAR... ». C'ETAIT BIEN PLUS PROFOND. C'ETAIT COMME DES ENFANTS DE SIX ANS QUI PARLENT AVEC SERIEUX DE LEURS AMOURS... DERRIERE CHAQUE PHRASE, DERRIERE CHAQUE MOT ON POUVAIT RECONNAITRE SIMPLICIUS, MAIS C'EST UNE CHOSE D'ENTENDRE SIMPLICIUS QUI CHANTE LA BEAUTE DU PASSE PAYSAN, DU MOUVEMENT DES VACHES ET C'EST AUTRE CHOSE D'ENTENDRE DES JEUNES QUIN'ONT JAMAIS VU UNE POULE DANS UNE COUR, PARLER DE L'APPAUVRISSEMENT DE LA MODERNITE.
SAGREDA : ON PEUT QUAND MEME PARLER DE CE QU'ON N'A PAS VECU DIRECTEMENT ! N'EST-CE PAS LE PROPRE DES INTELLECTUELS DE S'EFFORCER DE COMPRENDRE DES SITUATIONS QUI NE SONT PAS IMMEDIATEMENT RECONDUCTIBLES A LEUR EXPERIENCE DIRECTE ?
SIMPLICIUS : LAISSE-LA CONTINUER.
SALVIATA : À UN CERTAIN MOMENT UN ETUDIANT ME DEMANDA POURQUOI J'ETAIS TELLEMENT ENTICHEE DE NIETZSCHE. JE COMMENÇAI A LUI PARLER DE LA CHARGE D'ESPOIR QU'ON TROUVE DANS SES ECRITS, DE L'IMPORTANCE DE L'AMITIE DANS SA VIE ET LA… LES ATTAQUES DE LA BRIGADE SIMPLICIENNE ONT COMMENCE… ADORMO A DIT CELA… DERRIDA EST UN CON MAIS IL A ECRIT QUE… RORTY N'A RIEN COMPRIS… SIMPLICIUS LUI, DIT QUE… ARISTOTE AVAIT DEJA ECRIT QUE... JABES N'EST PAS LE SEUL A… TOUTE LA BULLSHIT DES CITATIONS ET…
SAGREDA : COMME JE T’AI DIT, CE SONT DES ETUDIANTS DE DOCTORAT QUI DOIVENT MONTRER…
SALVIATA : LAISSE-MOI FINIR. C'EST BEAUCOUP PLUS QUE CELA. À UN CERTAIN MOMENT LA PLUS SMATTE DES QUATRE, UNE JEUNE AU VISAGE D'OISEAU DE PROIE ET AU DEBIT INCONTROLABLE FIT TOUTE UNE TIRADE SUR LA PERTE DE SENS DANS NOTRE SOCIETE, SUR LE FAIT QUE LA TECHNIQUE NOUS A DETACHES DU RAPPORT ANIMAL AU MONDE… QUE LES NOUVELLES GENERATIONS NE SAVENT PLUS METTRE DE FREINS A LEURS DESIRS… QU'IL N'Y PLUS DE NORMES… QUE LA VIOLENCE ACTUELLE EST GRATUITE… QUE MEME LES FEMMES ONT OUBLIE LEUR RAPPORT IMMEDIAT AU CORPS… TOUT LE BARATIN DE SIMPLICIUS QUOI… NON… JE NE VOULAIS PAS DIRE ÇA… JE VEUX DIRE QUE TOUTES LES IDEES DE SIMPLICIOS, QUAND ELLES SORTENT DE LA BOUCHE DE GENS QUI N'ONT PAS VECU COMME LUI DANS UN MONDE PAYSAN, DEVIENNENT DU BARATIN.
SAGREDA : QUAND TU PARLES DE LA SOCIETE EUROPEENNE DE LA RENAISSANCE TU EN PARLES PARCE QUE TU Y AS VECU, JE SUPPOSE…
MANON: POURQUOI ON NE PARLE PAS DU VOYAGE QU'ON DOIT FAIRE A NEW YORK ?
SIMPLICINS : APRES… APRES… LAISSE-LA CONTINUER.
SALVIATA : TOI T’ES REACTIONNAIRE DANS LE BON SENS DU TERME. TU OPPOSES A LA MODERNITE ET A LA POST-MODERNITE UN MONDE QUE TU AS CONNU, DANS LEQUEL TU N'AS JAMAIS CESSE DE BAIGNER… TU N'AS PAS UNE ONCE DE CITADIN… TOUT EN TOI EST PAYSAN… C'EST POUR CELA QUE TOUT CE QUE TU DIS EST SI INTERESSANT ET NOUS FORCE A REFLECHIR UN PEU PLUS EN PROFONDEUR, A ESSAYER DE VOIR LES OMBRES QUE LA LUMIERE ARTIFICIELLE DE LA TECHNIQUE DEPLACE. QUE TU PENSES QUE LES ORDINATEURS SOIENT LA POUR APPAUVRIR LE MONDE, QU'INTERNET NE SOIT QU'UN MONCEAU DE DONNEES QUI NOUS DONNENT L'ILLUSION DE CONNAITRE, ÇA VA. ON SAIT D'OU ÇA VIENT. TOUT CELA DANS TA BOUCHE A UN SENS, MAIS QUAND CE SONT DES PETITS CULS QUI N'ONT VU QUE DES ORDINATEURS ET DES VOITURES QUI CRACHENT SUR LA TECHNIQUE, CELA DEVIENT CRIMINEL, POUR EMPLOYER UN TERME QUE TU AIMES TANT. ILS NE SONT PAS DE BEAUX REACTIONNAIRES INTELLIGENTS COMME TOI, MAIS DES PETITES HYENES RABOUGRIES QUI DEVORENT TOUS CE QUI LEUR PASSE SOUS LES YEUX. DES YEUX PAUVREMENT SELECTIFS: ILS NE VOIENT PAS LA BEAUTE DEVANT EUX COMME ILS NE VOIENT PAS LES HORREURS DU PASSE. QUAND J’AI ESSAYE DE LEUR FAIRE NOTER QUE LA DOMINATION VIOLENTE, GRATUITE, FOLLE ET DEPOURVUE DE SENS EXISTAIT DEJA A L'EPOQUE DE L'EMPIRE ROMAIN, DES GRECS… TU SAIS CE QU'ELLE M'A REPONDU LA SIMPLICIENNE ? ELLE M'A DIT QUE C'EST PARCE QUE L'EMPIRE ROMAIN PREPARAIT LA MODERNITE. QUE VEUX-TU REPLIQUER ?
Sagreda : Du Hegel… C'est du Hegel
SALVIATA : DU HEGEL MON… C'EST DU SIMPLICIUS MAL DIGERE. MAIS POUR MOI LA VRAIE QUESTION EN EST UNE AUTRE : PEUT-ON DIGERER DU SIMPLICIUS SANS DEVENIR DES CLONES QUI ARGUMENTENT SANS RIEN COMPRENDRE A CE QU'ILS DISENT, QUI PARLENT DE SES APRES AVOIR JETE TOUS LES OUTILS QUI PERMETTENT DE SAISIR LE SENS DES CHOSES. J'AI PEUR QUE CE SOIT IMPOSSIBLE A MOINS QU'ILS ESSAYENT DE TRAHIR LE MAITRE EN SE JETANT DANS LES BRAS DE LA TECHNIQUE ET DE LA LITTERATURE...
SAGREDA : TECHNIQUE ET LITTERATURE ? N'IMPORTE QUOI !
MANON : POURQUOI N'IMPORTE QUOI ?
SAGREDA : PARCE QU'ILS NE TRAHIRAIENT PAS LE MAITRE EN SE JETANT DANS LES BRAS DE LA LITTERATURE. DEPUIS DES ANNEES SIMPLICIUS INSISTE SUR L'IMPORTANCE DE L'ART...
SALVIATA : I1 INSISTE PEUT-ETRE... MAIS TOUT SON SYSTEME EST « ANTI-ARTISTIQUE ». LA STRUCTURE, LE SYSTEME C'EST CE QU'IL Y A DE PLUS NUISIBLE A LA LITTERATURE…
SIMPLICIUS : LE SYSTEME N'EST JAMAIS NUISIBLE QUAND IL RELEVE DE LA TENTATIVE DE COMPREHENSION DU MONDE, QUAND IL EST LE LIEU OU LES DIFFERENTS ELEMENTS CONCEPTUELS SE DIALECTISENT... MAIS, J'AIMERAIS MIEUX FAIRE UN PAS EN ARRIERE. DANS CE QUE TU AS DIT, SALVIATA, IL Y A QUELQUE CHOSE DE SI GRAVE QUE SI TU AS RAISON... COMMENT, QUELQU'UN QUI CROIT EN CE QU'IL DIT, QUI A PASSE SA VIE A ESSAYER DE REFLECHIR SANS SE FAIRE ABSORBER PAR LE DISCOURS DOMINANT, QUI AIME ENSEIGNER, DIS-MOI COMMENT PEUT-IL ENSEIGNER SANS INFLUENCER LES ETUDIANTS ? N'EST-CE PAS LE BUT DE L'ENSEIGNEMENT QUE D'AIDER A REFLECHIR ? FAUT-IL NE PAS CROIRE EN CE QU'ON DIT, FAUT-IL ETRE MAUVAIS PROF POUR ETRE UN BON PROF ? DIS-MOI, TOI QUI ES UNE SI BONNE PEDAGOGUE, QUE FAIRE ?
SALVIATA : SE TAIRE.

ELLE N 'AVAIT PAS ENCORE TERMINE DE PRONONCER « TAIRE », QU'ELLE REGRETTAIT DEJA D 'AVOIR ETE SI BRUSQUE. LES YEUX DE SIMPLICIUS QUI SE MOUILLAIENT LENTEMENT, TENDREMENT, LUI ASSECHERENT LA LANGUE. ELLE AURAIT VOULU METTRE UN BEMOL, AJOUTER QUE CE « SE TAIRE » N'ETAIT QU'UN CHOIX TEMPORAIRE, PRATIQUEMENT UN CHOIX POLITIQUE; QU'IL DEVRAIT CONTINUER A ECRIRE ET QUE DANS QUELQUES GENERATIONS CE QU'IL ECRIRAIT SERAIT SANS DOUTE UN BAUME. QUE NON SEULEMENT LUI, MAIS QUE TOUTE SA GENERATION, AURAIT DU SE TAIRE; QU'ILS ETAIENT TOUS DANS UN CUL DE SAC ET QU 'IL FALLAIT AVOIR LE COURAGE DE COMPRENDRE QUE BIEN DES JEUNES AVAIT UNE EXPERIENCE SUPERIEURE A LA LEUR. ELLE AURAIT AIME, MAIS ELLE NE PUT PAS. SES MOTS COURAIENT DANS TOUS LES SENS DANS SON CERVEAU MAIS ILS NE TROUVAIENT PAS UNE VOIE DE SORTIE... ELLE AURAIT AIME DIRE QU 'ELLE N 'AIMAIT PAS EN ETRE ARRIVEE LA. MAIS, EN MEME TEMPS, ELLE SENTAIT QU'IL FALLAIT QU'ELLE LE DISE, PARCE QUE SI C'ETAIT ELLE QUI CONTINUAIT A SE TAIRE, IL N'AURAIT JAMAIS COMPRIS… PEUT-ETRE QU'IL NE SE SERAIT PAS TU, PEUT-ETRE QU'IL SE SERAIT TU, PEU IMPORTE, ELLE, PAR CONTRE, ELLE ETAIT CERTAINE QU'ELLE N'ECRASERAIT JAMAIS SES ETUDIANTS AVEC LA RIGUEUR DE SA REFLEXION OU LA PASSION DE SES ENVOLEES. LE CONSEIL QU'ELLE AVAIT DONNE A SIMPLICIUS SE TRANSFORMAIT EN UN ORDRE POUR ELLE-MEME. ELLE ALLAIT SE TAIRE. JAMAIS COMME MAINTENANT N'AVAIT-ELLE ETE SURE QUE DE CE QU'ON CONNAIT, IL FAUT SE TAIRE, AU MOINS A L'UNIVERSITE.

MANON : GARÇON ! UNE AUTRE TOURNEE, S'IL VOUS PLAIT. VOUS SAVEZ, JE VOUS AIME BEAUCOUP TOUS LES TROIS, VOUS N'ETES PAS CHIANTS COMME LES AUTRES PROFS, MAIS... MAIS VOUS ETES COMME DES PETITS ENFANTS. VOUS PRENEZ VOS JEUX TELLEMENT AU SERIEUX QUE ÇA DEVIENT PATHETIQUE.

TROISIÈME MOUVEMENT : SENS ET VACHES

« JE CROIS AVOIR RECONNU DANS TON SIMPLICIUS MON AMI F., MAIS LAISSE-MOI TE DIRE QUE TU SIMPLIFIES TROP. F. EST UN MODERNE. LA MODERNITE A UN SENS. […] DANS LE POSTMODERNISME, PLUS DE PRINCIPE D'UNITE, PLUS D'ASPIRATION, PLUS DE SENS, PLUS DE FOI EN LA RAISON. NOUS AVANÇONS DANS L'INSENSEE, COMME DIT OUELLET LE POETE. […] A FORCE DE FOUTRE LE CONCEPT DE CHAOS DANS TOUTES LES SAUCES, ON A FINI PAR VOIR LE MONDE AINSI. AU FOND, TOUT CE MERDIER PESSIMISTE, ÇA VIENT DES MATHEMATICIENS. CELA DIT, JE NE TE CACHE PAS QUE JE SUIS UNE ADEPTE DES IDEES DE F., COMME UNE SOTTE PENSES-TU, CAR JE NE CONNAIS PAS LES VACHES. JE NE CROIS PAS QU'IL FAILLE CONNAITRE LES VACHES. IL FAUT AVOIR UN ESPRIT HEGELIEN. L. »

MOI AUSSI JE CROIS QUE DERRIERE SIMPLICIUS SE « CACHE » F., MEME SI, DANS LES CASSETTES QUE MANON M’A LIVREES, JE N’AI PAS RECONNU SA VOIX. MAIS, QUE CE SOIT F. OU G.G. OU G.L., ÇA NE CHANGE RIEN. MON DESACCORD, AVEC L’AFFIRMATION DE MME L. « LA MODERNITE A UN SENS TANDIS QUE LA POST-MODERNITE N’EN A PAS », EST LE PLUS TOTAL : DANS LA MODERNITE IL Y AVAIT UN SENS PARCE QUE LES INDIVIDUS CULTURELLEMENT DOMINANTS (PRETRES, PHILOSOPHES, ECRIVAINS, ARTISTES, ETC.) QUI PENSAIENT POUR LES CLASSES ECONOMIQUEMENT DOMINANTES , OPERAIENT UN FILTRAGE SOCIALEMENT UTILE ET EFFICACE DES INNOMBRABLES SENS EXISTANTS. DANS LA POST MODERNITE CETTE TRICHERIE NE TIENT PLUS ET ON EN A ALORS INVENTEE UNE AUTRE : CELLE QUI DIT QU’IL N’Y A PLUS DE SENS ET QUE LA CONFUSION REGNE. MAIS, CETTE CONFUSION EST AU SERVICE DE LA STABILITE ET DE LA CONSERVATION DE L’ORDRE, EXACTEMENT COMME L’ETAIT UN SENS. ON A TRES FACILEMENT REUSSI A OBTENIR LE CONSENSUS AUTOUR DU CHAOS : TOUT LE MONDE Y CROIT (MME L. EST LOIN D’ETRE SEULE !) : PLUS DE DIFFERENCE ENTRE GAUCHE ET DROITE, ENTRE REACTIONNAIRES ET REVOLUTIONNAIRES, ENTRE PENSEURS DE L’ETRE ET DU DEVENIR, ENTRE CYNIQUES ET IDEALISTES, ENTRE MECANICIENS ET PHILOSOPHES… TOUS NAGENT EN ROND DANS LA BARBOTIERE DU MANQUE DE SENS MEME SI CERTAINS NASILLENT LA BALLADE DU SENS PERDU ET D’AUTRES CARCANENT HEUREUX PARCE QU’IL N’Y EN A PLUS. MAIS IL SUFFIT DE FAIRE QUELQUES PAS HORS DE LA BARBOTIERE POUR S’APERCEVOIR QUE LE CONTRAIRE SE PASSE : LE SENS EST PARTOUT. IL Y EN A DE CACHE, DE CODE, D’EVIDENT ET D’ETALE ; EN VILLE ET A LA CAMPAGNE ; DANS LES CENTRES D’ACHAT ET DANS LES CENTRES D’ACCUEIL ; DANS LES CULOTTES (PETITES) ET SOUS LES CALOTTES (CHECHIA, FEZ, KIPPA, BARETTE) ; IL Y EN A POUR TOUS LES GOUTS, IL SUFFIT D’EN AVOIR (DU GOUT). IL Y EN A TELLEMENT QU’ON RISQUE DE SE FAIRE GAVER PENDANT QU’ON OUVRE NOTRE GRAND BEC POUR CRIER QU’IL N’Y EN A PAS. SI, AU LIEU D’ENTRER DANS LA CHORALE DU MANQUE DE SENS, ON S’EFFORÇAIT DE COMPRENDRE COMMENT L’INJUSTICE SE BALADE, COMMENT ELLE S’EST TOUJOURS BALADEE (DE MANIERE COMPLETEMENT INDEPENDANTE DU SENS !) ET COMMENT ELLE RISQUE DE CONTINUER A SE BALADER ENCORE LONGTEMPS ON TROUVERAIT, PEUT-ETRE, QUE LE PROBLEME DU SENS EST UN MALIN DETOURNEMENT. UNE RUSE DE LA RAISON, DOMINANTE — POUR PARAPHRASER QUELQU’UN QUI SAVAIT DE QUOI IL PARLAIT, QUAND IL PARLAIT DE RAISON.

À propos des vaches. Moi non plus je ne crois pas qu’il faille connaître les vaches pour réfléchir, par contre je crois qu’il faille connaître les vaches pour parler avec nostalgie d’un monde où les vaches comptaient où les vaches donnaient du lait et donnaient un sens qui a disparu pour en laisser naître d’autres.

Les mathématiciens — sans doute parce que parmi eux j’ai un certain nombre d’amis — ne me semblent pas responsables de quoi que ce soit dans le « merdier pessimiste ». Compagnons de la technique, ils créent des filets pour sortir des gros poissons de l’océan du sens pour nous faciliter la vie.

 


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Caserta: Saint Gobain: tra sogno comune e interessi privati

Caserta: Saint Gobain: tra sogno comune e interessi privati

Saint Gobain: tra sogno comune e interessi privati

INTRO_ 2009: Esco in un interno ed alzo gli occhi…quattromilasettecento metri quadrati di vetro e acciaio segnano la distanza tra ...

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Fuori dall'obiettivo 1 : "Curare" il meridione rompendo le servitù volontarie

Fuori dall'obiettivo 1 :
 
 
Dopo il quotidiano spettacolo delle truffe sui fondi pubblici , per le regioni definite in ritardo di sviluppo, marcate come Obiettivo 1, si tratta a questo punto di riportare il ...
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L'Università italiana all'epoca di Mussi. Le rovine dell'Università, i decreti di Mussi e il '68.

L'Università italiana all'epoca di Mussi. Le rovine dell'Università, i decreti di Mussi e il '68.
 
 

Il ministro ha battuto un colpo: qualche settimana fà , in base ai poteri conferitigli, quasi di sfuggita, da un codicillo annegato nella ultima legge finanziaria, ha decretato l...

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Discussione sul Reddito BIN-ITALIA a Salerno 2010


… dell’associazione giù a Salerno, ci assumiamo anche un compito latamente politico, cioè quello di cercare, in una realtà, tra l’altro come quella meridionale che del passaggio tr...

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Discorso dulla servitù volontaria

Discorso dulla servitù volontaria
Il "Discorso sulla servitù volontaria" è una di quelle opere dallo strano destino: ignorata per lunghi periodi improvvisamente riesce ad accendere non solo dispute fra storici ma a...
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Cosenza 1647: Il popolo è patrone e fa ogni cosa

Cosenza 1647: Il popolo è patrone e fa ogni cosa

(cartina del 1693  dell'abate Pacichelli)

 

 

Di seguito un estratto dal contributo “Per vedere occorre prima chiudere gli occhi”, di Massimo Ciglio, pubblicato nel libro “Vento del m...

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La guerra di Erdogan contro le donne in Turchia

La guerra di Erdogan contro le donne in Turchia

 

L’otto marzo da poco trascorso ad Istanbul si ricorderà per l’importante partecipazione al corteo in difesa dei diritti delle donne in un paese dove il governo di Erdogan tende a ...

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monologo d'amore

Lui mi diceva sempre:
 
LE CONDIZIONI SONO ATMOSFERICHE COMUNQUE,
COMUNQUE METEOROLOGICHE.
 
Mi diceva.
Ed io non capivo; intuivo, percepivo, però proprio capire no, mai!
Poi una notte, d...
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Consumatori (in)governabili

Consumatori (in)governabili

1. La critica della società dei consumi è sport antico e ricorrente. Peccato che troppo spesso si riduca a lamentazione nostalgica, o, ancora peggio, si t...

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